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3ème Congrès Travail Social et Psychanalyse

Psychasoc

Montpellier du 04/10/2010 au 06/10/2010

4, 5, 6 octobre 2010

Travail social : actes de résistance ?

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La résistance a mauvaise presse. Que ce soit chez les psy : résistance inconsciente du patient ou de l’analyste. Ou chez les managers : résistance au changement. Il est vrai qu’à résister «contre», et parfois tout contre, on s’y épuise en vaines plaintes et revendications. Mais il existe une autre face de la résistance, une face «pour», que l’engagement de nos aînés nous laisse en legs : la Résistance et ses réseaux firent pièce à l’oppresseur. La résistance, pour ne pas sombrer dans l’opposition stérile, ne nécessite-elle pas un pas de côté? D’abord prendre un peu de recul pour analyser la situation. Ce qui se met en scène dans le travail social n’est-il pas intimement lié au système néolibéral? Il s’agit alors d’en produire l’analyse, les constats ne suffisent pas. Seule l’évaluation de la situation et des forces en présence permet d’envisager un combat de tous les instants. Résister au laminage de la langue de bois qui pétrifie les paroles et les écrits des travailleurs sociaux ; résister au management industriel débridé qui écrase les dispositifs institutionnels; résister aux procédures de formatage, démarche-qualité, référentiels, domaines de compétence et autres avatars du psycho-socio-bio pouvoir qui tel un rouleau-compresseur écrase sur son passage les capacités d’invention des acteurs sociaux comme des usagers etc autant d’expressions de la résistance qui se déploient dans le travail social dans ces trois dimensions ouvertes lors du 2e Congrès, sous l’éclairage de la psychanalyse : clinique, institutionnelle, politique.

Ne s’agit-il pas pour les professionnels de s’exprimer pour que ces métiers de l’ombre, ces métiers de «trouvailleurs soucieux» de l'humain, prennent toute leur place? Cette «fraternité discrète» auprès des plus démunis de nos contemporains n’a-t-elle pas force de résistance face à «la plus formidable galère sociale» (J. Lacan) ? Les travailleurs sociaux réclament à corps et à cris une reconnaissance publique de leur travail. Le plus simple n’est-il pas de donner à lire, à voir, de faire savoir ce qu’il en est de ces métiers de l’intervention sociale, véritables «môles de résistance» en acte (M. Chauvière) ? Alors que tout dans notre société néolibérale tend à réduire la valeur à la seule valeur marchande, les travailleurs sociaux ne sont-ils pas aux avant-postes d’un combat pour l’humain? Les décideurs, financeurs, responsables politiques veulent savoir légitimement ce que font les travailleurs sociaux, quel usage ils font des deniers publics. Nous donnerons lors de ce congrès, une réponse, en acte… de résistance. Soutenus par des philosophes, des sociologues, des ethnologues, des psychanalystes, des praticiens de terrain, c’est à un véritable état des lieux des idées, des actions et des trouvailles de chacun, que nous nous attacherons.

Joseph Rouzel, responsable de PSYCHASOC

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Plénières lundi 4 octobre
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Lundi matin 9h - 12h

8h 30 accueil

9h - 9h30 Ouverture : Joseph Rouzel, Qu’est-ce qui résiste à la résistance ?
Président de séance : Joseph Rouzel (psychanalyste, directeur Psychasoc)
Discutant : Salim Mokaddem (universitaire, philosophe)

9h 30 - 10h30 Roland Gori  (psychanalyste, universitaire)
Faire front  aux dispositifs de servitude  
Argument :
Les pratiques de l’évaluation dans tous les domaines sociaux et culturels de l’existence, constituent de nouveaux dispositifs de servitude volontaire qui participent de l’art néolibéral de gouvernement des individus et des populations. Pour y parvenir le Pouvoir pris par la fièvre de l’évaluation a du insidieusement et progressivement acter le changement de signification de cette notion conçue comme une extension sociale de la norme managériale dans des secteurs de la vie sociale qui en étaient jusque là préservés.
Derniers ouvrages ou articles publiés :
- L’Appel des appels Pour une insurrection des consciences  (ouvrage collectif sous la direction de Roland Gori, Barbara Cassin et Christian Laval, 2009, Les Mille et une nuits-Fayard)
- Exilés de l’intime La médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique  (avec MJ Del Volgo, Denoël, 2008)
- La santé totalitaire Essai sur la médicalisation de l’existence  (avec MJ Del Volgo, 2005, réédition, Flammarion-Poche, 2009)
- La Preuve par la parole  (1996, réédition augmentée érès, 2008)
- Logique des passions  (2002, réédition Flammarion-Poche, 2006)
- L’Empire des coachs Une nouvelle forme de contrôle social  (avec P. Le Coz, Albin Michel, 2006)

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11h - 12h David Le Breton  (professeur de sociologie)
Anthropologie des conduites à risque ou comment les jeunes résistent.
Argument :
Les conduites à risque sont des manières ambivalentes de lancer un appel aux plus proches, à ceux qui comptent. Elles forment une manière ultime de fabriquer du sens et de la valeur, elles témoignent de la résistance active du jeune et de ses tentatives de se remettre au monde. Elles s’opposent au risque bien plus incisif de la dépression ou de l’effondrement radical du sens. En dépit des souffrances qu’elles entraînent, elles possèdent donc un versant malgré tout positif, elles favorisent la prise d’autonomie du jeune, la recherche de ses marques, elles ouvrent à une meilleure image de soi, elles sont un moyen de se construire une identité. Elles n’en sont pas moins douloureuses dans leurs conséquences à travers les blessures ou les morts qu’elles entraînent, les dépendances. Mais n’oublions pas de toutes façons que la souffrance est en amont, perpétuée par une conjonction complexe entre une société, une structure familiale, une histoire de vie.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Anthropologie du corps et modernité  (PUF)
- Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre  (PUF)
- Passions du risque  (Métailié)
- Signes d’identité. Tatouage, piercing et autres marques corporelles  (Métailié)
- La peau et la trace. Sur les blessures de soi  (Métailié)
- En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie  (Métailié)
- Le silence et la parole. Contre les excès de la communication  (Erès)
- Expériences de la douleur. Entre destruction et renaissance  (Métailié)

Lundi après midi 14h-19h
Président de séance : Jean-François Gomez (chercheur en sciences humaines)
Discutant : Jacques Cabassut (professeur de psychopathologie clinique à Nice-Antipolis, formateur, psychanalyste)

14h Isabelle Pignolet de Fresnes  (formatrice, psychanalyste)
"L'autre scène " de la résistance  

14h 45 Michel Chauviere  (Directeur de recherche CNRS)
La clinique, comme catégorie sociologique, un môle de résistance
Argument :
Généralement considérée comme la propriété exclusive des psys, la clinique peut aussi être abordée sous l’angle sociologique, s’agissant notamment de sa place, comme pratique centrée sur l’individu (sujet, personne), dans la division du travail socio-éducatif et d’accompagnement individualisé, ou encore dans ses rapports compliqués avec le salariat, les financeurs, les tarificateurs et les employeurs. Sous cet angle, la possibilité même d’une pratique clinique légitime semble perdre beaucoup de terrain face à l’offensive marchande, d’autant plus qu’elle est explicitement relayée par les pouvoirs publics et la construction européenne.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Chauvière Michel, 2007, Trop de gestion tue le social. Essai sur une discrète chalandisation , Paris, La Découverte. Développement complémentaire:
- Chauvière Michel, «Qu’est-ce que la chalandisation ?» , Informations sociales, CNAF, n°152, mars-avril 2009, pp. 128-134 (Les dynamiques du travail social)

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15h30 Fabien Tarby , (professeur de philosophie)
Produire une résistance .
Argument :
Produire/consommer, telle est la scansion de notre époque. Si les termes de la dyade sont, en eux-mêmes, inséparables de toute condition humaine, ils ont, en cette société présente - à rebours de l'enseignement fondamental de la psychanalyse - la particularité de prétendre suffire à faire sens. Fausse et trompeuse positivité, donc, et déni de cette fêlure qui fait de nous ce que nous sommes. De là, un certain nihilisme, passif, qui fait notre temps, de ne pas même être interrogé. Est-il possible de ''produire une résistance'' à la suffisance de la scansion? En quoi cette production cesserait-elle d'être marchande, et parviendrait-elle, peut-être, à inverser le schème de la politique traditionnelle, politique médiatique que nous ne faisons que consommer? Des conditions sociales et concrètes du travail des uns et des autres aux productions médiatico-politiques abstraites, et parodiques, c'est en effet la même et pérenne question qui est en jeu : celle de la possibilité d'un ensemble de sujets capable de résistance.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Démocratie Virtuelle  (éditions l'Harmattan, 2009)
- Matérialismes d'aujourd'hui, de Deleuze à Badiou (éditions l'Harmattan,2005)

Pause

16h15 Dominique Rousseau  (professeur des Universités)
Résister au droit ou droit de résister?
Argument :
«On transmet ce qu’on ignore avec ce que l’on croit savoir» (Pascal Quignard). La transmission s’appuie sur la croyance et le savoir, elle ne peut se passer ni de leur intrication, ni de notre ignorance. Parler du rapport impossible entre psychose et institution, folie et humanité, se heurte, aujourd’hui, à une aporie : la désuétude de ces deux termes, devenus «inappropriés» les vouent à la disparition. L’univers communicationnel, par souci d’efficacité comportementale, a eu vite fait de les remplacer, dans le discours courant, soumis à l’informatif, par des signifiants calculables. Comment transmettre, alors, une expérience passée, une histoire vécue, comment faire entendre leur tranchant au vif du sujet, quand la transformation de la langue en code pourrait faire disparaître l’objet même de la psychanalyse qui, comme l’écrivait Lacan, «n’est pas l’homme mais ce qui lui manque»?

17h30-19h : Film de Bernard Richard (cinéaste), Solstice ou  Les enfants de la parole.  
Discussion animée par Claude Allione (psychologue, psychanalyste) en présence du cinéaste.

Derniers ouvrages parus:

- Espace psychique, transfert et démocratie en institution , Matrice, 2001

- La part du rêve dans les institutions , Encre marine, 2005.

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Ateliers du mardi 5 octobre 9h-12h/14h-16h30
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Atelier 1 - La clinique : un môle de résistance.
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Président de séance : Lin Grimaud (psychologue clinicien, formateur)
Discutant : Madeleine Vabre (formatrice)
Logés au carrefour de l’institution parlante et de la politique instituante, les intervenants sociaux, que ce soit dans l’école, la clinique psychiatrique, en institution sociale ou médico-sociale, soutiennent de leur place une clinique du cas par cas, du un par un, une clinique du sujet.

Intervenants :

- Frédérique Landoeuer  (professeur des écoles)
L’école : résistance active.
Arguments :
Actuellement, beaucoup d’élèves décrochent scolairement (démotivation scolaire, phobies scolaires, refus d’apprendre…) En classe relais nous recevons ceux qui vivent l’acte d’apprendre des savoirs scolaires comme une atteinte identitaire profonde. Leur proposer une médiation culturelle autour de questions existentielles fortes permet de les réconcilier avec l’acte d’apprendre tout en travaillant les compétences du socle commun qu’ils doivent acquérir. Cette démarche transdisciplinaire leur fournit des clefs d’intelligibilité pour comprendre le monde dans lequel ils vivent, afin de pouvoir y agir et y trouver une place. Durant ce travail qui s’effectue autour de savoirs fortement charpentés symboliquement, ils auront l’occasion de penser la complexité, de faire des choix, de dire «je».
Mais cette démarche ne va pas de soi pour un enseignant. Car celui-ci doit modifier la plupart des représentations qu’il s’est construit autour de l’acte d’enseigner: accepter de travailler sur un socle mouvant, c'est-à-dire autour de savoirs qui n’ont rien de certifiés, ne pas s’appuyer sur un programme pré-écrit à l’avance autour de savoirs évaluables, accepter la discontinuité….
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Meirieu, P. (juin 2001) Rabindranath Tagore : Apprendre à faire la paix avec soi-même. Film de 13 MN diffusé sur la 5 dans le cadre des émissions l’éducation en question.
- Meirieu, P. (2001) Léon Tolstoi : Doit-on croire les enseignants sur parole?  L’éducation en question. PEMF.

- Jacques Cabassut ,(psychanalyste, enseignant en psychopathologie à Nice)
Résistance de l’institution ; institution de la résistance.

Derniers ouvrages parus:

- Le déficient mental et la psychanalyse , Champ Social, 2005.

- Petite grammaire lacanienne du collectif institutionnel , Champ Social, 2009.

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- Hervé Bokobza  (psychiatre, médecin-chef)

Une psychiatrie à visage humain.
Argument :
Résister c’est créer ou créer c’est résister : mais comment vivre avec ce qui ne supporte pas un objectif ou une raison objective d’exister? Comment supporter de faire avec des règlements qui n’ont même plus les lois comme support? Comment échapper à la mise ne place des RSS: Rituels de Soumission Sociale? rituels qui n’ont qu’un objectif : que le surmoi nous déteste , nous culpabilise au point de nous contraindre à la non création, nous inhibe dans toute tentative de résistance.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- La psychiatrie en péril (ères)
- La nuit sécuritaire  ( ères)

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- Alain Chaplain  (éducateur, formateur)
Réinventer sans cesse la clinique. Résister, c’est créer et s’impliquer.
Argument :
«La création, c’est de faire surgir des possibles qui n’existaient pas auparavant. Que la propriété de l’être (qui dispose du langage et d’un héritage historique) est de faire surgir de nouvelles formes». Cornélius CASTORIADIS.
Notre désir de créer une nouvelle forme d’accueil (l’accueil Temporaire) nous a amené à occuper une fonction de fondateur. Le fondement du projet est parti de professionnels éducateurs désireux d’agir et d’être « créateurs de circonstances », (concept proposé par F. DELIGNY), pour un projet au service de l’humain.Notre histoire a commencé par la rencontre de professionnels du monde du médico-social, de l’artistique et de l'agricole. Ces professionnels décident d’associer leurs idées pour créer un projet en prenant en compte la demande de personnes handicapées d’être en contact d’animaux , de créer et s’exprimer par la réalisation des activités artistiques.Durant 6 ans, le projet murira pour aboutir à l’ouverture de l’accueil temporaire «Césure» en janvier 2010. Cette ouverture n’est que l’aboutissement d’un long chemin façonné au gré des années avec ténacité, rigueur et conviction. La loi du 11 février 2005 nous incite à changer la façon de recevoir les personnes handicapées. C’est le parcours et les besoins des personnes qui sont au centre des dispositifs (projets éducatifs multiples). Le placement dans une institution à vie n’est plus la seule alternative pour la personne handicapée. La promotion d’accueil séquentiel répond à une vraie demande des usagers et s’inscrit totalement dans le projet individuel. Ces accueils "à la carte", constituent assurément un "plus" pour les usagers en apportant des réponses à des situations plus nombreuses et plus diversifiées. Résister c’est agir en prenant au pied des mots la loi, en réactualisant le partage du quotidien fondement du métier de l’éducation spécialisée, dans ce contexte changeant (loi 2002, loi 2004, loi 2005). La participation induit l'idée de partage de quelque chose d’essentiel, que l’on éprouve dans le «faire avec au quotidien».

- Jean-Louis Mathieu  (psychanalyste, psychologue clinicien)
Une clinique de l’anodin.
Argument :
L’anodin, souvent laissé pour compte, pourrait intimement parler du sujet ; une signifiance de l’insignifiant serait alors à entendre pour qui veut rencontrer, découvrir, comprendre peut-être. Pour entendre ce que dit l’anodin, la position d’étonnement est nécessaire, je la crois résolument position clinique.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Dictionnaire étymologique de mots inventés , Sous la direction de Jean-Louis Mathieu, Préface de Roger Gentis, Théétète éditions 1997
- Regard Clinique. Pour une lecture de l’anodin , Champ social éditions 2008
- Article à paraître en septembre 2009 dans le journal des psychologues n° 270
Sur le thème de l’anodin, entre autres.

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Atelier 2 - Lieux de décision, d’élaboration, d’action : quelles articulations ?
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Président de séance : Alain Bozza (psychologue clinicien, formateur)
Discutant : Jean-Marie Vauchez (éducateur, formateur)
Pas d’acte en travail social sans une pensée de cet acte. Or ce travail d’élaboration ne peut pas ne pas tenir compte du contexte général tant institutionnel que politique par le biais notamment des politiques sociales. Une bonne connaissance de ce contexte est nécessaire pour en produire une analyse, élaborer des "trouvailles", "bricoler" des dispositifs qui remettent en selle le sujet et en témoigner...

Intervenants :

- Charles Segalen  (éducateur spécialisé, doctorant à la Chaire de Travail social du CNAM)
L’évaluation des pratiques : acte clinique,acte institutionnel, acte politique.
Argument :
L'évaluation des pratiques entend rendre le travail social lisible. C'est une attente légitime, honorons-la, jusqu'au bout... Il n'est pas d'évaluation des pratiques cliniques sans évaluation au même endroit et par les mêmes personnes, des pratiques institutionnelles et des pratiques politiques. Elles sont en interaction. Si la représentation des besoins, en passant des mains de professionnels à celles d'experts, participe d'un «pouvoir supposé savoir» (Zarka), le découpage quantitatif des pratiques, pour faire appel à des valeurs explicites, en véhicule d'autres, implicites, en conflit avec les premières. Cet investissement à l'aveugle dans des valeurs douteuses entraîne le travail social dans une logique de ''subprime''. Toutefois la Métis - l'art d'évoluer dans un environnement dangereux - tient pour autonome celui qui est sujet de son histoire. Comment penser et conduire l'évaluation au sens de la produire? Comment inscrire l'acte d'évaluer dans un travail du social, ce travail de la société sur elle-même?
D erniers articles publiés :
- La réforme de la protection de l'enfance: le débat politique aura-t-il lieu? , Journal du Droit des Jeunes, juin 2006.
- L'acte clinique, institutionnel, politique hors de sa propre aire. L'envers du libéralisme ordinaire  sur ce site.

- Joseph Islam  (éducateur technique, administrateur OPCA)
Formation des travailleurs dit « handicapé » en E.S.A.T.
Argument :
Avec la Loi de 2005 dans les E.S.A.T (anciennement C.A.T), les travailleurs dit «handicapés» ont un droit d’accès à la formation professionnelle, à la VAE.
Quelle position doivent avoir les travailleurs soucieux de ces sujets, sujets qui jusqu'à présent(en termes de droits) se sont trouvé dans la position des salariés du début du siècle précédent? Doit on occuper cet espace afin de tenter d’accompagner ces personnes vers une citoyenneté, vers une qualification lorsque c’est possible et si le sujet le souhaite? Dans cet entre deux, les moniteurs d’ateliers, éducateurs techniques sont invités à prendre place, privilégient-ont l’humain ou la production?

- Christine Soler  (éducatrice spécialisée)
Un atelier d'expression médiatisée en maison d'accueil spécialisée.
Argument :
Au-delà de la loi 2002-2 et de la loi Handicap 2005; les droits de l'homme : Pourquoi un Atelier d'expression médiatisée? La liberté d'opinion et d'expression est généralement considérée comme une des libertés fondamentales de l'être humain. Elle est citée à l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'homme comme suit : «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit». «La liberté d'expression vaut non seulement pour les «informations» ou «idées» accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de «société démocratique» Pourquoi des médiations? Pour produire du sens, le médiateur est celui qui aide à la re-présentation. Les médiateurs culturels sont de “ nouveaux intermédiaires culturels “ qui viennent occuper un terrain sur lesquelles ont devancés auparavant les instituteurs, les animateurs, les éducateurs... Ils reprennent ainsi cette fonction pédagogique. Ils donnent du sens, transmettent des clés de compréhension. Cependant la médiation culturelle s’inscrit dans le champ de ce que l’on appelle l’éducation informelle. A la différence de l’éducation, au sens usuel du terme, l’éducation informelle n’est ni obligatoire, ni contrainte par un programme exhaustif à dispenser, ni par une validation des acquis à organiser. Ces visées sont tout à la fois éducatives (sensibilisation, initiation, approfondissement...), récréatives (loisir) et citoyennes.
Pour Bourdieu : «la culture n’est pas un privilège de nature mais il faudrait et suffirait que tous possèdent les moyens d’en prendre possession pour qu’elle appartienne à tous» => fonction éducative. Loi du 29 juillet 1998 sur la lutte contre les exclusions : «légal accès à tous, tout au long de la vie, à la culture». => fonction citoyenne.

- Michèle Dalmasso-Reverbel  (éveilleuse d’écriture) et Catherine Rouxel  (éducatrice spécialisée)
De la maison d’écriture.
Argument :
Histoire de la rencontre d’une éveilleuse et d’une réveilleuse.
Comment résister s’écrit, comment se calligraphie le sujet. De l’encre à l’ancrage, de la lettre à l’être. Nous raconterons comment nous avons amené un groupe d’adultes handicapés à prendre la plume, la parole, la trace dans une ambiance de joie et de travail conformément à la loi 2002…
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Je vous écoute écrire , Editions Comp’act 1993
- J’écris parce que personne m’écoute , Curandera 1981

- Claude Ferré  (paysan voyageur)
Tolstoï : le Pédagogue et le Travailleur Social.
Argument :
On connaît Tolstoï surtout par ses œuvres littéraire, la Guerre et la Paix, Anna Karénine mais le Tolstoï pédagogue, le travailleur social faisant lui-même l’école à ses moujiks, éditant à ses frais des contes pour enfants à 2 Kopeks afin qu’ils puissent accéder plus facilement à la lecture, contes qui se liront dans toute la Russie, composant un énorme Abécédaire de 800 pages, traduisant des revues littéraires et scientifiques au profit des enfants des serfs, participant en 1861 à la libération du servage.Il a visité les quartiers maudits de Moscou en 1880 pour tenter d’y apporter une solution ; il a organisé lui-même les premières soupes populaires lors de la terrible famine de 1892 et 1993, ce Tolstoï là est moins connu, partons à la découverte d’un travailleur social russe du 19ème siècle qui a souvent effrayé le régime tsariste de par son engagement envers les plus modestes afin de leur rendre leur dignité. En cette année 2010 qui commémore, en France et en Russie, le centenaire de sa mort,Tolstoï n’est-il pas d’actualité?

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Atelier 3 - A quoi on se « réfère-en-ciel » ?
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Président de séance : Loïc Andrien ( chef de service éducatif, Rédacteur en chef de ZEO, rédacteur adjoint de Cultures et Sociétés))
Discutant : René Baget (psychanalyste)

Les actes sont produits à partir d’idées, souvent sous-jacentes. Notamment des idées sur la nature de l’humain. Toutes ne sont pas équivalentes. Il y a un choix éthique à opérer. A nom de quelles références produire des actes de résistance ?

Intervenants :

- Marc Zerbib  (psychanalyste)
L’« inquiétude » comme fondement éthique du travail social.
Argument :
Une éthique de la résistance est une éthique qui s’inscrit dans l’espace du sujet. Il s’agit de poser les conditions de cette clinique subjective dans une clinique de la fraternité. Cette clinique s’invente. Ceux des travailleurs sociaux qui s’y engagent ne trouvent pas, ne trouvent plus. Les fondements de cette clinique dans une identification à des Grands Maitres ou à des modèles théoriques explicatifs. La psychanalyse ne fait pas exception. Les modèles et les idéaux sont morts. Cette clinique trouve son essence au plus profond de l’être du travailleur social, dans ce qui fonde son choix d’être un travailleur social son in-quiétude.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- L’inconscient : un fait social  Ed ASH
- La mort du Père dans le travail social  Ed ASH

- A participé à l'ouvrage collectif Psychanalyse sans frontière  (Champ Social Editions) : http://www.champsocial.com/ouvrages/ouvrage.jsp?id=619

- Patricia Vallet  (formatrice, chercheuse)
Que peut-on transmettre dans ce monde incertain?
Argument :
Les métamorphoses de l'espace social et éducatif questionnent les professionnels du social qui voient apparaître une grande diversité et une complexification des problèmes sociaux, une massification des demandes en urgence et des souffrances psychiques des publics en difficultés ; ils se trouvent propulsés dans des tâches multiples, avec des enjeux de savoir et de pouvoir importants, des missions dont les contours ne sont pas toujours clairement déterminés, et des exigences d'efficacité et de rentabilité posées de plus en plus fermement par les employeurs. Dans ce contexte, en essayant de garder en tête la question du sens de nos professions sociales, que pouvons-nous encore transmettre comme valeurs et comme posture? Quels sont nos points d'appui, nos fondements pour l'exercice professionnel au quotidien? Voici le trépied que je propose : la clinique, l'éthique et l'esthétique : plus précisément, une clinique du sujet social, une éthique de l'incertitude, et une esthétique, c'est-à-dire une prise en compte de la sensibilité et de l'imaginaire créateur.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Clinique, éthique et esthétique de l’éducation , in «Eduquer dans un monde en mutation», ouvrage collectif sous la direction de Marie-Christine David et Laurent Ott, Erès, 2009, pp.213-230.
- Quels fondements épistémologiques pour l’analyse des pratiques en formation initiale ? in «La revue du CERFEE», Sciences de l’Education, pédagogie, formation : enjeux épistémologiques, n°26, 2009. pp. 51-72.

- Laurent Melito  (éducateur, doctorant,formateur à l'IRTS/PACA.)
Rapports sexuels et transactions marchandes : le travail social au risque de la marchandisation de l’intime.
Argument :
Les apports conjoints de l'accompagnement social des personnes prostituées (dans le champ du travail social) et d'une recherche doctorale sur les pratiques prostitutionnelles via Internet (dans le champ des sciences sociales) nous amènent à faire une lecture critique de certaines notions qui commencent investir le travail social :
- l'accompagnement sexuel ou érotique;
- prostitution choisie et libre choix de disposer de son corps versus prostitution contrainte et reléguation au statut de victime.
En partant de ces deux "terrains", il s'agira de distinguer acte sexuel et acte marchand, vie privée et vie professionnelle, travail social et "travail du sexe" et par delà dignité humaine et marchandisation de l'humain.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- A paraître dans la revue Magma au deuxième semestre 2010 "Le langage des corps photographiés dans une forme de marchandisation de l'intime, l'escorting"
- A paraître dans la revue Genre, sexualité et société fin 2010 "Les pratiques de l'escorting : transactions marchandes et transactions intimes"
 
 

- Pierre Facon  (éducateur, formateur) et Christophe Fagniez  (formateur)
La résistance en acte… de recherche.

A dire vrai lorsque J.Rouzel m’a proposé de m’inscrire dans la dynamique du 3ème  congrès « psychanalyse et travail social », j’ai du faire face à deux sentiments : Assez spontanément je me suis senti flatté qui ne l’aurait pas été ? Seulement presque consécutivement les vieux démons liés à  un rapport au savoir fortement entamé par un parcours scolaire assez minable, ont refait surface insinuant le doute.

C’est certainement l’intitulé de ces rencontres qui a pesé dans la décision d’accepter.

Personnellement passionné par l’Histoire en général,  je suis plus particulièrement sensible à ce que l’on nomme familièrement les petites histoires, c'est-à-dire les récits humains et en l’occurrence ceux qui ont émaillé le second conflit mondial.

Alors  la résistance vous pensez…

En premier lieu, j’imaginais donc mener une recherche sur la façon dont certains termes ont vu leur signification profondément bouleversée par le contexte de l’occupation (délation, collaboration…), et par suite interroger le sens que revêt leur emploi dans le champ de l’éducation spécialisée, par le recueil et l’analyse de la parole des acteurs.

Toutefois,  à l’échelle de notre centre de formation, l’actualité nous a fourni une opportunité de réaliser un travail articulant deux dimensions essentielles : Militantisme et pédagogie :

Une réflexion sur la réactualisation de nos statuts associatifs menée par quelques membres de notre Conseil d’Administration a abouti à l’énonciation de propositions qui ont immédiatement provoqué de vives réactions non seulement de la part des salariés mais également des étudiants.

Les valeurs emblématiques qui orientent nos actions pédagogiques (référence aux pédagogies nouvelles et à l’éducation populaire) disparaissent de l’article « un » des statuts, les représentants des salariés et des travailleurs sociaux en formation se voient privés de leur voix délibérative au sein du CA.

C’est peut être d’une certaine manière la question de la démocratie dans l’entreprise qui est au centre des débats.

Résistance donc…

Il se présentait là une situation qui se révélait tout à fait digne d’être appréhendée puis examinée sous la forme d’un objet de recherche.

J’ai trouvé  une aide précieuse auprès de l’un de mes collègues de travail qui m’épaule dans cette aventure dont l’aboutissement est incertain, spontanément un groupe d’étudiants a adhéré à notre démarche et bien que nous ayons conscience des difficultés liées au délai assez court qui nous est offert, nous avons décidé d’entreprendre un travail. . Mais après tout c’est aussi le chemin que nous allons parcourir qui compte

Nous avons entamé un travail de recherche action alimenté par les apports essentiels que les acteurs du champ de la psychologie sociale ont pu dégager.

Ainsi il s’agira de dépasser le constat immédiat d’indignation, de révolte,  de déjouer les pièges de nos propres  subjectivités, de mettre en œuvre et expérimenter les enseignements dispensés durant le cycle de formation en matière d’observation, recueil de données, mais aussi être capable de comprendre les raisons singulières de l’engagement afin de le rendre plus efficace.

P.FACON/C.FAGNIEZ

FORMATEURS AFERTES/ARRAS

- Didier Kapetanovic  (éducateur, formateur)
Formation et conception du travail social.

Atelier 4 - ouvert aux mouvements de résistance
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Président de séance: Jean-François Gomez

Discutant: Claude Allione

- L’Appel des appels : Roland Gori

- La nuit sécuritaire : Patrice Charbit et Joseph Mornet

- L'ANAS (Association nationale des assistants de service social) : Laurent Puech, vice-président.

- L'ONES : (Organisation nationale des éducateurs spécialisés)

- Attac :  Florence  Palpacuer, enseignante  et chercheuse  présentera  ses travaux  ( en particulier) sur la souffrance  au travail.

- Conseil social de la résistance

- Collectif Libertad Siempre : Michelle Quettier, Magali Roche, Rémi Roux, Guillermo Zunzunegui : "Collectif de soutien à la ferme de vie du Bersac: pourquoi nous essayons de sauvegarder la ferme de vie?"

Atelier 5 - « Les patates chaudes ».
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Président de séance : Isabelle Pignolet de Fresnes
Discutant : Pierre Brousse (éducateur)

SDF, jeunes en galère, enfants endeuillés, enfants autistes, personnes en fin de vie, on se les refile, on les dit incasables, ils dérangent. Et pourtant des professionnels ne lâchent pas la rampe. Ils sont là, discrets et tenaces…

Intervenants :

- Florence Plon  (psychanalyste)
Accompagner les enfants en deuil
Argument :
S’ils sont abandonnés à leur douleur parce que les adultes sont plongés dans la leur, les enfants n’ont personne sur qui s’appuyer pour élaborer une position face à la perte. Leur solitude se met alors en résonance, de façon prématurée, avec celle, fondamentale, de notre condition humaine. Comment réagir pour que la perte, qui vient faire écho au processus de constitution du psychisme d’un sujet, les conduise à vivre leur deuil plutôt qu’un ravage …
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Questions de vie et de mort , 2005 Champ social
- Vivre la perte  , 2008, L’Harmattan

- Sylvie Zucca  (psychiatre, psychanalyste)
Langue gestionnaire, inconscient et travail social : un ménage à trois explosif ou nécessaire?  
Argument :
Depuis deux décennies, s’est mise en place une langue gestionnaire qui met de fait, en partie au moins, le sujet hors champ de sa responsabilité d’acteur social: il s’agit d’obéir aux protocoles en tous genres. Quels sont les effets de cette gestion à tout va sur les travailleurs sociaux- et sur les sujets «hébergés»? Comment les institutions actuelles et à venir pourraient-elles répondre aux cliniques multiformes autrement que par ces deux excès : la patate chaude d’un côté, le tout gestionnaire de l’autre? Quelle place alors pour la psychanalyse?

- Guy-Arthur Rousseau , (psychanalyste)  et Gilles Courant  (Responsable Centre Guénouvry), Association Continuo Ostinato.

Transmettre aujourd’hui.

« On transmet ce qu'on ignore avec ce que l'on croit savoir  ». Pascal Quignard

Argument :

Dans la suite de l'école expérimentale de Maud Mannoni, fut créé, en Loire-Atlantique, un « Bonneuil à la campagne »,  lieu d'accueil et de soin pour des enfants expulsés du lien social, ceux-là mêmes que notre surdité méprisante rejette comme « patates chaudes  ». Au cours de son histoire, ce « lieu pour dire sa souffrance  »-mais aussi pour l'endiguer - a toujours soutenu les principes hérités de son origine : refus de la ségrégation, reconnaissance de «  la valeur humaine de la folie »  et accueil du symptôme comme « appel d'humanité  », se faisant ainsi, dans un climat rural convivial,  « le conservatoire collectif des histoires singulières  ». Aujourd'hui, l'accueil d'enfants autistes soutient ce paradoxe qui consiste à s'adapter aux effets de l'individualisation massive tout en revendiquant le fait qu'il n'y a pas « de je sans nous, ni de nous sans je ».

Dans un contexte de déchirure symbolique, comment parler de cette expérience qui compte avec celles qui parient sur les conditions fragiles mais nécessaires d'écoute de la demande d'un sujet parlant- désirant (fût-il un sujet en devenir) ? Comment transmettre une expérience authentique quand la transformation de la langue en code s'acharne à  faire disparaître l'objet même de la psychanalyse qui, comme l'écrivait Jacques Lacan, « n'est pas l'homme mais ce qui lui manque  » ?

Partager l'histoire de cette mise en cause permanente qu’exige l'exercice de la narrativité, en accepter la fragilité  et témoigner de ce que l'on croit savoir à l'épreuve du refoulement ou de l'oubli, tels sont, entre autres, les objectifs de l'association « continuo ostinato  » qui a créé un espace d'improvisation de la parole pour tenter de mettre au travail, dans une présence ouverte à l'Autre, les questions d'une clinique institutionnelle.

Sur ce site

- François Chobeaux  (Responsable CEMEA)
S'accrocher à une clinique sociale du sujet
D erniers ouvrages ou articles publiés :
Intervenir auprès des jeunes en errance. Editions La Découverte, 2009

- Nicole Haccart (infirmière psychiatrique, directrice)
Accompagner des jeunes ‘’incasés’’ vers leur autonomie.
Argument : Je travaille depuis plus de vingt ans avec des jeunes exclus de tous les dispositifs, relevant des services de protection de l’enfance. Ces jeunes présentent des symptômes et des comportements qui ont généré rupture sur rupture. Il n’est pas rare qu’ils aient cumulé plus d’une vingtaine de lieux de placement. J’ai créé en 2003 à Montpellier un service expérimental, l’ASMO, qui propose pour ces jeunes, de 17 à 21 ans, un hébergement individualisé en studio, et un suivi spécialisé par une équipe pluri-professionnelle conjuguant un travail de soin, éducatif et d’insertion professionnelle. Le pari : permettre d’évaluer finement les problématiques psychopathologiques et sortir d’une logique de «projet» impossible à tenir pour le jeune, proposer la garantie d’un accompagnement stable et continu sur plusieurs années, et accompagner le passage à l’âge adulte, en travaillant sur une insertion personnelle, qui ne correspond pas toujours aux représentations que l’on se fait dans le travail social d’une insertion. Il s’agit pour eux de trouver leur propre place, au défi de la place qui leur a été assignée…

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17h-19h Soirée concert de Jacques Bertin
--site internet--
Chants de résistance  (Auditorium Einstein au Corum)
-écouter "Amis soyez toujours"-
Il naît à Rennes en 1946. Journaliste de formation, il vient à la chanson dès les années 1960 et son premier album paraît en 1967. Il en a publié une vingtaine depuis. Chanteur "à texte", il est à contre-courant de la variété et des modes et son œuvre n'aura jamais les faveurs des médias et du grand public. Artiste exigeant et sans compromissions, ses chansons sont partagées entre une inspiration politique et une autre éminemment poétique. Il s'est entouré de musiciens venus du jazz d'avant-garde (Didier Levallet, Siegfried Kessler) pour accompagner ses mélodies. Il obtiendra deux fois le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros durant sa carrière. Il a été jusqu'au printemps de l'année 2000, chargé des pages culturelles de l'hebdomadaire Politis, auquel il a continué de contribuer par des chroniques jusqu'en 2001, avant de le quitter sur un différend politique. Il a consacré un livre à Félix Leclerc et un film au poète René Guy Cadou. Il est également l'auteur de poèmes.
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Tables rondes de mercredi 6 octobre
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Mercredi matin 9h-12h  - Ouverture européenne et au-delà :
Président de séance : Jacques Fraisse (Directeur IRTS- LR)
Discutant : Thierry Goguel d’Allondans (anthropologue, formateur)

Intervenants :

- Martin Pigeon  (psychanalyste)
La santé mentale à l’ère du toutalisme hypermoderne  ( Canada)

Sur ce site ICI

- Michel Heinis   (directeur, psychanalyste)
Passage à l’acte, acte de passage.   (Belgique)
Argument :
En commettant un fait répréhensible, l’adolescent pose un acte violent par lequel il en appelle à une loi. Où est la limite? Qu’est-ce qui la fonde légitimement? Me donne-t-elle une inscription? De quoi suis-je redevable? Qu’y a-t-il à y gagner? Cet appel brouillon et bouillant, demande mêlée d’affirmation, est un dire méconnaissable et à la fois en souffrance. Son allant est de vouloir une place comme garçon ou fille, comme enfant dans une filiation, comme citoyen ou citoyenne, qui ne soit pas noyée dans l’anonymat, la banalité ou la tristesse. Cela suppose de poser des actes en son nom propre, et de sortir, de sa réserve, de ses «gonds», de sa famille, des sentiers battus, avec l’autre, d’oser s’aventurer dans le monde et parmi les autres. Au fil d’une «mesure» mêlant contexte judiciaire et tissu social, quel est le prix à payer par chacun pour renverser la formule de départ et faire que l’acte soit lié à un passage où tel adolescent entre heurt et malheur fait du chemin?

- Thomas Aïchhorn  (psychanalyste)
Education et psychanalyse, le travail d’August Aïchhorn reconsidéré   (Autriche)

- Françoise Tchopp  (formatrice, éducatrice, assistante sociale, psychologue, psychanalyste, universitaire, chargée d’enseignement et responsable de la formation continue à la Haute école de travail social, superviseure)
Un projet sans projet (Suisse)
Argument :
Aujourd’hui dans le travail social l’exigence d’avoir un projet éducatif ou social qui s’inscrit dans des contrats de prestation en vue d’obtenir l’enveloppe financière des décideurs institutionnels montrent que de plus en plus le sujet, «le bénéficiaire» des prestations disparaît . Le cadrage de l’action éducative par des procédures administratives et gestionnaires de la nouvelle gestion publique, oblige les professionnels à nommer leurs actions dans des projets institutionnels quantifiables et objectivables. La sollicitude et l’attention pour autrui, la gratuité du geste éducatif peuvent –ils encore être reconnues? Quels sont les dilemmes auxquels sont confrontés les travailleurs sociaux dans leur action quotidienne? La réflexion s’appuiera sur mes expériences de formatrice et de superviseure.

Mercredi après midi 14h-18h
Présidente de séance : Isabelle Pignolet de Fresnes
Discutant : Rajaa Stitou (psychanalyste, maître de conférence)

Intervenants :

- Catherine Gandjean  (formatrice)
Une approche critique de la démarche qualité.

Lire son texte en cliquant ICI

- Bernard Stiegler  (philosophe, universitaire)
La vie est en elle-même une thérapie qui a un sens.  
Argument :
Mon intervention consistera à commenter cette phrase de Donald Winnicott (ci-dessus) pour introduire le thèmede ce que j’ai appelé la sociothérapie et développer la question des techniques de soi, de l’otium et du soin tels que l’actuelle société addictogène les détruit systématiquement à travers le psychopouvoir du marketing organisant un colossal processus de désapprentissage.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Prendre soin de la jeunesse et des générations
- Pour en finir avec la mécroissance. Quelques réflexions d’ars industrialis
 

- Jean-Pierre Lebrun  (psychiatre, psychanalyste)
Au-delà de s’opposer, résister.
D erniers ouvrages ou articles publiés :
- Clinique de l’institution , Erès, 2008
- Y a-t-il un directeur dans l’institution?  Editions de l'ENSP, 20098.

Sur ce site

- Guy Massat  (psychanalyste)
Inconscient et société.
Argument :
L’inconscient est refoulé par la société, la civilisation, et la culture en général. C’est ce que Freud appelle «le malaise dans la culture» (Freud, Le malaise dans la structure , éd. Payot) «…que notre culture soit le bien le plus précieux que nous possédions, ou puissions acquérir, et que sa voie ait à nous mener nécessairement à des sommets de perfectionnement insoupçonnée …» aboutit à la conclusion inverse, selon Freud (id.p.8) Qu’est-ce que l’inconscient de Freud et de Lacan? Quelles relations implique-il avec le travail social dans la société moderne?

Sur ce site

Conclusions à deux voix :
- Jean-François Gomez, Une langue à réinventer.  
- Joseph Rouzel, Resistance n’est qu’espérance.

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Les présentations des interventions seront mises en ligne au fur et à mesure.

  • individuels et formation continue: 360 €
  • étudiants et demandeurs d'emploi (sur justificatif): 160 €
  • Après le 15 septembre : 390 €(Chèque à l'ordre de « Psychasoc »)
  • Pour s'inscrire au concert de Jacques Bertin joindre un chèque différent de 15 €
congrès psychasoc 2010 - web.pdf 4,38 MB

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