Public : Tous travailleurs sociaux, ES, AS, EJE, CESF, ETS, assistantes maternelles, animateurs, médiateurs culturels et sociaux, enseignants, psychologues, cadres.
Argumentaire : Le vocabulaire courant entretient une confusion quant à la notion d’éthique. On y mêle autant des questions de législation, de morale sociale, de déontologie professionnelle, que d’engagement personnel ou de responsabilité. C’est de bon ton. L’éthique se fait “éthiquette”! Le discours de la science qui à peu à peu envahi nos vies, autant dans la sphère privée que publique, prône une éthique des spécialistes et des experts. Sur le clonage des gènes, le nucléaire, ou l’orientation des politique sociales, les citoyens n’auraient plus rien à dire. On nomme des “comités d’éthique” avec des gens qui savent! Ainsi la notion d’éthique s’est-elle peu à peu diluée. L’entreprise et la publicité se sont emparées du concept... Nous avons à coeur au cours de ce stage de recentrer l’éthique telle qu’elle se présente à l’origine, dans son histoire et sa logique. Ethique des responsabilités, éthique des conséquences, éthique du sujet: nul ne saurait s’y dérober. L’éthique est le chemin par lequel chacun construit le sens de ses actes et les assume. Dans un moment socio-historique de déresponsabilisation généralisée, l’éthique balise la voie du désir et de l’engagement. Dans le travail social, s’il est bon de repérer les grands axes d’une déontologie professionnelle, on ne saurait se passer de questionner ce qui soutient chaque professionnel dans sa position. S’il s’agit de fonder son action en fonction des politiques sociales et des projets institutionnels, les praticiens de l’action sociale ne sauraient se dérober à ce qu’en d’autres lieux on nomme leur “intime conviction” ou encore leur “âme et conscience”. L’éthique peut parfois se révéler comme lieu d’un conflit entre ces deux dimensions: le social et le sujet ne font pas toujours bon ménage. Ethique de la raison et éthique du désir entrent souvent en conflit. Il s’agit dans ce stage de mettre au travail cette approche de l’éthique d’abord chez les professionnels, afin qu’ils puissent la transmettre aux personnes qu’on leur confie. “De notre position de sujet, affirme Jacques Lacan, nous sommes toujours responsables”.
Objectif : Questionner l’éthique, la déontologie et la responsabilité dans les pratiques sociales; en décliner les implications dans lexercice professionnel; susciter une meilleure prise en compte des personnes en situation d’accompagnement, d’aide, de soutien, au regard des textes législatifs et des missions des établissements.
Contenus : Approche de l’éthique à travers l’histoire de la philosophie et du droit. Approche anthropologique. Mise en œuvre des concepts de la psychanalyse pour étayer les notions d’éthique et de responsabilité.
Méthode, moyens pédagogiques, évaluation : Exposés théoriques, instance clinique, étude de film et documents divers, étude des textes (Loi 2002-2, droit européen...). Evaluation des acquis et de leur transférablitié sur le terrain, par oral et par écrit, en collectif et en individuel.
Intervenants : Joseph ROUZEL, Jacques CABASSUT