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citation complète d'où j'ai tiré la formule ci-dessus
Daniel Pendanx
(23/04/2009 20:23)
« Passons maintenant à la technique la plus active de dénégation du sacrifice humain, celle qui mobilise la recherche scientifique sur le terrain stratégique de la reproduction, c’est-à-dire là où se joue le principe de raison et de folie. Je vais poser une question : pourquoi l’Etat français, suivant en cela le politique pratiquée dans les sociétés soumises aux impératifs de la gestion industrielle, choisit-il de financer sur fonds publics les recherches bio-chimiques et bio-médicales sur la psychose, y compris – notons ce point capital – la recherche concernant le problème du langage dans la psychose ? Si l’Etat français, à travers le dispositif budgétaire et les arbitrages administratifs, a choisi l’investissement bio-chimique ou bio-médical, c’est que la poussée sociale, canalisée par les syndicats de soignants, par le milieu universitaire, puis par la classe politique, va dans un certain sens. Nous voulons tous nous entraider afin de faire taire ce qui, en chacun de nous, aspire à la mort des autres et veut tuer. Il s’agit, avec l’aide des grands moyens sociaux et grâce aux gymnastiques idéologiques nécessaires, de nous démarquer de la folie et d’apaiser la culpabilité. Actuellement, cet investissement a la cote, mais il pourrait être retiré et placé ailleurs. Nous sommes si retors que l’antimédicalisation, à condition d’être à son tour comptabilisée dans un discours idéal, pourrait tout aussi bien faire l’affaire, l’essentiel étant de dénier à la psychose ce que je dois appeler ici son statut juridique, c’est-à-dire d’être prise dans un système de reproduction institutionnelle.
Autrement dit, la folie n’est pas perdue pour tout le monde. Du côté des institutions, c’est une prise et même une bonne prise. La psychose fonctionne aussi comme prise d’otage.
Cette formule, ne l’entendez pas selon l’effrayante naïveté colportée par certains marchands de l’anti-psychiatrie, mais par rapport à la problématique du sacrifice, problématique qui concerne chaque sujet dans l’espace dogmatique des institutions. Je dis que le système industriel, où qu’il soit amené à fonctionner dans le monde sur la base de nos id »éaux gestionnaires, renouvelle cette problématique par le détour d’une dénégation et que le produit fini du nouveau commerce avec la vérité trouve dans le psychotique destemps modernes sa perfection achevée. Toutes les sociétés modernes sont en train d emiser sur la folie, à des titres idéologiques divers et selon les variantes les plus diverses, adaptées à leur cas. Miser sur la folie signifie qu’il faut sauver quelque chose et que l’ordre est en péril ; J’aurai à revenir sur cette question considérable : en quoi la psychose devient-elle un atout des sociétés industrielles et comment, par quel mécanisme repérable, la psychose peut-elle être politiquement programmée ? Autrement dit, ,n dehors des guerres, quelle est la voie sociale d’accès au meurtre, non pas à n’importe quel meurtre, mais au meurtre du sujet de la parole comme tel ?
Ces remarques valent une maxime : le psychotique vient au monde pour être sacrifié.
Mais cette notation se perdrait dans le magma des doctrines sociales de la bienfaisance, dont je me tiens éloigné, si elle n’était rapportée à notre interrogation sur le sacrifice humain. Qu’est-ce que l’institution du meurtre ? »
(Dans l’empire de la vérité, Introduction aux espaces dogmatiques industriels, Fayard, 1983, 2001 nouvelle édition, p. 67)
citation complète d'où j'ai tiré la formule ci-dessus
Daniel Pendanx
(23/04/2009 20:23)
Autrement dit, la folie n’est pas perdue pour tout le monde. Du côté des institutions, c’est une prise et même une bonne prise. La psychose fonctionne aussi comme prise d’otage.
Cette formule, ne l’entendez pas selon l’effrayante naïveté colportée par certains marchands de l’anti-psychiatrie, mais par rapport à la problématique du sacrifice, problématique qui concerne chaque sujet dans l’espace dogmatique des institutions. Je dis que le système industriel, où qu’il soit amené à fonctionner dans le monde sur la base de nos id »éaux gestionnaires, renouvelle cette problématique par le détour d’une dénégation et que le produit fini du nouveau commerce avec la vérité trouve dans le psychotique destemps modernes sa perfection achevée. Toutes les sociétés modernes sont en train d emiser sur la folie, à des titres idéologiques divers et selon les variantes les plus diverses, adaptées à leur cas. Miser sur la folie signifie qu’il faut sauver quelque chose et que l’ordre est en péril ; J’aurai à revenir sur cette question considérable : en quoi la psychose devient-elle un atout des sociétés industrielles et comment, par quel mécanisme repérable, la psychose peut-elle être politiquement programmée ? Autrement dit, ,n dehors des guerres, quelle est la voie sociale d’accès au meurtre, non pas à n’importe quel meurtre, mais au meurtre du sujet de la parole comme tel ?
Ces remarques valent une maxime : le psychotique vient au monde pour être sacrifié.
Mais cette notation se perdrait dans le magma des doctrines sociales de la bienfaisance, dont je me tiens éloigné, si elle n’était rapportée à notre interrogation sur le sacrifice humain. Qu’est-ce que l’institution du meurtre ? »
(Dans l’empire de la vérité, Introduction aux espaces dogmatiques industriels, Fayard, 1983, 2001 nouvelle édition, p. 67)