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Réflexion à partir de "Pouvoir, autorité et décision dans l'action sociale"
Daniel Pendanx
(29/12/2009 15:18)
Joseph,
Plusieurs remarques me sont venues à la lecture de ton texte. La première d’entre elles concerne ton développement sur le tiers, développement dont je me sens à bien des égards très proche. Je pense toutefois que l’emploi de la minuscule ou de la majuscule pour distinguer le tiers du Tiers permettrait de mieux préciser l’enjeu crucial que tu soulignes dans ce propos touchant à la vaste question de l’écart entre le sujet, la fonction et la Référence. Sujet / fonction / Référence. Je renvoie là toujours, en exergue à mes réflexions, à la fable de La Fontaine, L’âne qui portait des reliques.
Tu sais que dans la période de mai 68 certains, au nom de l’égalité, du « ni Dieu ni maître », pour prétendre à un universalisme absolu (prétention libérale libertaire consacrée par le thème très post-moderne du "libre choix du genre", du "ni homme ni femme", ont prôné la désacralisation du Nom, la fin des majuscules – comme si ce faisant on allait se débarrasser de la question du Pouvoir, ou pour le dire en jargon lacanien, de celle du signifiant maître. (La dénégation du signifiant maître implique le refus de ce qu’engage et soutient de la différence, la logique du signifiant.)
En finir avec les majuscules, devenir l’égal du Même, serait pour ceux-là le nec plus ultra de la « libération » !
Bien des psychanalystes, fascinés par la déconstruction indéfinie, ont malheureusement embrayé dans cette voie de dénégation de la logique du signifiant, dans l'anti-majusculisation. Jean Laplanche, qui n’a pas renoncé que je sache à la majuscule de son nom propre, reprochait encore il y a peu à Legendre, dans le plus grand non lu, de « majusculiser la Référence » (cf. Sexual, puf, 2007, p.138). Mais il est vrai que Laplanche, qui a eu d’autres mérites, n’a jamais pris acte de l’apport de Lacan sur le langage.
Quand des éducateurs, comme dans la scène que tu rapportes, en appellent au directeur comme tiers, je ne crois pas qu'on puisse réduire ce recours des éducateurs au directeur, au seul registre de l'imaginaire, surtout si l'on en tient, comme tu en tiens, et comme j'en tiens, au nouage et à l'articulation des registres chez tout être humain. Si dans un tel « appel au directeur» la dimension imaginaire reste, comme tu le notes, assurément prépondérante, il n'empêche que cet appel, en regard de la « deuxième ligne de la demande » qui lui est sous-jacente, demeure un appel au tiers. Si dans le transfert institutionnel à son endroit le directeur est souvent pris pour le Tiers, il est donc aussi requis, dans l’insu symbolique de cet appel, comme tiers. Ce pourquoi nous sommes bien là en effet, comme tu le soulignes, dans la dimension la plus « cruciale » du travail d’élaboration institutionnel.
Nous savons d’expérience, expérience on ne peut plus commune, que quand une institution se trouve en place toute, dé-référée, auto-référée tout aussi bien à elle-même qu’à son Association, à sa seule Cause, le directeur lui-même enlacé, incestueusement enlacé, à l’Un-stitution, est porté à se prendre pour le Tiers, comme s’il occupait une place d’exception.
Mais le malaise persistant, le Réel naturellement se charge de ramener ce directeur à sa propre impuissance… Rien n’y fait, l’impossible ne cesse d’insister, la répétition de se manifester… C’est aussi pourquoi, comme il en a toujours été dans l'histoire humaine, tout pouvoir rencontrant la Limite du Réel cherche la nouvelle « solution » : recherche nouée à cette folie ancestrale du comment vivre dans le paradis d’avant la chute… Ce qui a débouché sur la plus radicale folie, celle de la «solution finale»…
Nombre de nos directeurs managers, mais aussi nombre de praticiens, tablant sur le discours du maître, sur l’unité sans faille du « tous ensemble », se tournent alors vers ceux qui sont supposés pouvoir leur délivrer « la » solution, la puissance… Tel est le fantasme fondamentaliste qui s’engage sous le terme de « gouvernance », terme derrière lequel se niche cet espoir insensé d’un gouvernement d’autrui sans hiatus. D’aucuns, du côté du management institutionnel, parlent maintenant de « dirigeance » ! C’est affligeant de prétention et de bêtise, mais aussi politiquement très inquiétant.
Tout est donc fait dans l’univers de la Techno-science-gestionnaire pour mettre le sujet à l’abri de cette fâcheuse découverte, fâcheuse pour son orgueil, de l’impossible à éduquer, à réformer, à gouverner du réel et du désir d’autrui !
Mais la Demande, signalant le malaise dans l’institution (la cristallisation institutionnelle de l’angoisse de culpabilité de chacun), est très difficile à déjouer, et d’autant plus difficile que nous ne comprenons pas bien en quoi le « juridique » est, dans notre culture, dans la civilisation du droit civil, le premier instrument politique de sa limitation… Il y a, je le crains, beaucoup d’illusion (et de prétention) à croire par exemple que la seule « parole » des « superviseurs » permettrait de traiter cette dimension institutionnelle du transfert, du transfert en errance, des directions et/ou des équipes… C’est aussi pourquoi j’estime que la référence à la psychanalyse doit être maniée avec d’infinies précautions. La chose la plus importante c’est que les uns et les autres soient liés, référés à un principe d’institutionnalité (un cadre) non perverti dans sa vocation de limitation et de différenciation des discours et des compétences ! C’est pourquoi je te rejoins quand tu insistes sur la question des « places ». Mais pour autant reste ouverte pour moi, tu le sais par rapport à ce que tu en soutiens, la question de la place et du statut du « superviseur », comme d’ailleurs la question plus générale de la place des psy dans les institutions. Et cela en regard de la façon dont à la Demande institutionnelle (au malaise) répondent habituellement les discours de la psychosociologie, la psychologisation à tout va d’autrui, le psychanalysme lui-même. Qu'en est-il alors, en regard de cette Demande, de la fonction des noms glorieux, de la ronde des maîtres au ciel des sachants ? Je dépose là cette question, sur laquelle je reviendrai.
Dans bien des cas les uns et les autres (directions et équipes souvent confondues) en appellent aussi à cet autre tiers qu’est le juge, pour « rappeler la loi » comme on dit… Le juge est à son tour imaginairement requis comme incarnation du Tiers tout-puissant, sinon comme directeur des consciences… Voilà d’ailleurs pourquoi, au grand dam de certains, je suis tellement partisan d’extraire le statut du juge des enfants de « l’exception » qui est encore sienne aujourd’hui – exception qui ne peut que pousser au transfert de l’idéal missionnaire (et de maîtrise) sur sa figure !
L’écart le plus précieux à préserver, à faire jouer, c’est donc bien je crois, comme tu ne cesses de ton côté de le souligner, l’écart entre le tiers (tiers que représente toute fonction) et le Tiers, l’écart entre chacun de nous, citoyens de la République française, et l’Etat de Justice, même s’il est vrai que de plus en plus, subvertissant le lien à la Référence commune, la logique du Privé, du Divin marché, pousse à la re-féodalisation du lien de Référence.
Mais, j’attire ton attention, ainsi que celle de ceux qui nous lisent, sur ce point : il n’y a nulle raison de faire comme si les carottes étaient cuites, comme s’il ne s’agissait donc plus que d’entrer en « Résistance », laquelle fonderait nos légitimités. Ce serait là un raccourci bien fâcheux, une opération de passe-passe institutionnel fort dangereuse ! Nous sommes encore dans un état de droit, lié à cet Etat de Justice qui est le nôtre ! C’est de là que procède encore, en droit, dans le lien de droit, la légitimité de chacun dans les fonctions institutionnelles ! Perdre de vue cela c’est demeurer, que nous le voulions ou non, à l’envers de ce que nous dénonçons, dans l’anti-juridisme et dans l’autolégitimation.
Faire valoir la « Résistance » au lieu de la Référence (c’est à mon sens le grand risque du congrès à venir de psychasoc), c’est en vérité perdre de vue que faire vivre l’écart ne se peut que dans un cadre juridique, un cadre référé, un cadre institutionnel juridiquement marqué. Je sais, et je ne cesse de le dire, que ce « cadre » se trouve aujourd’hui « incesté », que le droit lui-même vacille, et que l’institutionnalité est de plus en plus prisonnière de cette indistinction des ordres et des genres qui conduit les uns et les autres dans la « perversion », mais ce n’est pas une raison pour, de manière toute aussi féodale, s’auto-référer à notre tour, avec à chacun le choix de son « totem » ! A ce « libre choix » du totem, à cette illusion du libre service référentiel, s’est opposé jadis, dans le plus essentiel de la transmission, selon le récit que tu en as donné, ton vieux maître tibétain…
De l’écart entre le sujet et la Référence, entre toute fonction et le Tiers, les juges ont en bout de chaîne institutionnelle, vocation à être les garants. A partir de cet écart ainsi garanti, juridiquement garanti, l’élaboration institutionnelle, impliquant chaque sujet, peut avoir lieu, et la dialectique infinie des registres se déployer…
Mais quand donc la Question juridique – toujours occultée – sera-t-elle investie comme il se devrait par les interprètes, par tous les praticiens soucieux du bien public et d’une politique du sujet de la parole digne de ce nom ?
Les praticiens les plus sensibles aux « droits poétiques » du sujet arriveront-ils à saisir, par-delà l’opposition imbécile des deux lois (loi symbolique / loi juridique) en quoi, dans sa facture de langage et de fiction, l’institutionnalité a profondément à voir avec l’institution du sujet de la parole, et en quoi le droit, quand il n’est pas détourné de sa vocation civilisatrice par quelque fondamentalisme du fantasme que ce soit (aujourd’hui celui des parents combinés, homo-sexués ) est le verrou du noyau anthropologique (de la différence des sexes et des générations), la clef de voûte institutionnelle de la clinique et de la tâche d’éducation à la réalité, à l’altérité ?
Réflexion à partir de "Pouvoir, autorité et décision dans l'action sociale"
Daniel Pendanx
(29/12/2009 15:18)
Plusieurs remarques me sont venues à la lecture de ton texte. La première d’entre elles concerne ton développement sur le tiers, développement dont je me sens à bien des égards très proche. Je pense toutefois que l’emploi de la minuscule ou de la majuscule pour distinguer le tiers du Tiers permettrait de mieux préciser l’enjeu crucial que tu soulignes dans ce propos touchant à la vaste question de l’écart entre le sujet, la fonction et la Référence. Sujet / fonction / Référence. Je renvoie là toujours, en exergue à mes réflexions, à la fable de La Fontaine, L’âne qui portait des reliques.
Tu sais que dans la période de mai 68 certains, au nom de l’égalité, du « ni Dieu ni maître », pour prétendre à un universalisme absolu (prétention libérale libertaire consacrée par le thème très post-moderne du "libre choix du genre", du "ni homme ni femme"
En finir avec les majuscules, devenir l’égal du Même, serait pour ceux-là le nec plus ultra de la « libération » !
Bien des psychanalystes, fascinés par la déconstruction indéfinie, ont malheureusement embrayé dans cette voie de dénégation de la logique du signifiant, dans l'anti-majusculisation. Jean Laplanche, qui n’a pas renoncé que je sache à la majuscule de son nom propre, reprochait encore il y a peu à Legendre, dans le plus grand non lu, de « majusculiser la Référence » (cf. Sexual, puf, 2007, p.138). Mais il est vrai que Laplanche, qui a eu d’autres mérites, n’a jamais pris acte de l’apport de Lacan sur le langage.
Quand des éducateurs, comme dans la scène que tu rapportes, en appellent au directeur comme tiers, je ne crois pas qu'on puisse réduire ce recours des éducateurs au directeur, au seul registre de l'imaginaire, surtout si l'on en tient, comme tu en tiens, et comme j'en tiens, au nouage et à l'articulation des registres chez tout être humain. Si dans un tel « appel au directeur» la dimension imaginaire reste, comme tu le notes, assurément prépondérante, il n'empêche que cet appel, en regard de la « deuxième ligne de la demande » qui lui est sous-jacente, demeure un appel au tiers. Si dans le transfert institutionnel à son endroit le directeur est souvent pris pour le Tiers, il est donc aussi requis, dans l’insu symbolique de cet appel, comme tiers. Ce pourquoi nous sommes bien là en effet, comme tu le soulignes, dans la dimension la plus « cruciale » du travail d’élaboration institutionnel.
Nous savons d’expérience, expérience on ne peut plus commune, que quand une institution se trouve en place toute, dé-référée, auto-référée tout aussi bien à elle-même qu’à son Association, à sa seule Cause, le directeur lui-même enlacé, incestueusement enlacé, à l’Un-stitution, est porté à se prendre pour le Tiers, comme s’il occupait une place d’exception.
Mais le malaise persistant, le Réel naturellement se charge de ramener ce directeur à sa propre impuissance… Rien n’y fait, l’impossible ne cesse d’insister, la répétition de se manifester… C’est aussi pourquoi, comme il en a toujours été dans l'histoire humaine, tout pouvoir rencontrant la Limite du Réel cherche la nouvelle « solution » : recherche nouée à cette folie ancestrale du comment vivre dans le paradis d’avant la chute… Ce qui a débouché sur la plus radicale folie, celle de la «solution finale»…
Nombre de nos directeurs managers, mais aussi nombre de praticiens, tablant sur le discours du maître, sur l’unité sans faille du « tous ensemble », se tournent alors vers ceux qui sont supposés pouvoir leur délivrer « la » solution, la puissance… Tel est le fantasme fondamentaliste qui s’engage sous le terme de « gouvernance », terme derrière lequel se niche cet espoir insensé d’un gouvernement d’autrui sans hiatus. D’aucuns, du côté du management institutionnel, parlent maintenant de « dirigeance » ! C’est affligeant de prétention et de bêtise, mais aussi politiquement très inquiétant.
Tout est donc fait dans l’univers de la Techno-science-gestionnaire pour mettre le sujet à l’abri de cette fâcheuse découverte, fâcheuse pour son orgueil, de l’impossible à éduquer, à réformer, à gouverner du réel et du désir d’autrui !
Mais la Demande, signalant le malaise dans l’institution (la cristallisation institutionnelle de l’angoisse de culpabilité de chacun), est très difficile à déjouer, et d’autant plus difficile que nous ne comprenons pas bien en quoi le « juridique » est, dans notre culture, dans la civilisation du droit civil, le premier instrument politique de sa limitation… Il y a, je le crains, beaucoup d’illusion (et de prétention) à croire par exemple que la seule « parole » des « superviseurs » permettrait de traiter cette dimension institutionnelle du transfert, du transfert en errance, des directions et/ou des équipes… C’est aussi pourquoi j’estime que la référence à la psychanalyse doit être maniée avec d’infinies précautions. La chose la plus importante c’est que les uns et les autres soient liés, référés à un principe d’institutionnalité (un cadre) non perverti dans sa vocation de limitation et de différenciation des discours et des compétences ! C’est pourquoi je te rejoins quand tu insistes sur la question des « places ». Mais pour autant reste ouverte pour moi, tu le sais par rapport à ce que tu en soutiens, la question de la place et du statut du « superviseur », comme d’ailleurs la question plus générale de la place des psy dans les institutions. Et cela en regard de la façon dont à la Demande institutionnelle (au malaise) répondent habituellement les discours de la psychosociologie, la psychologisation à tout va d’autrui, le psychanalysme lui-même. Qu'en est-il alors, en regard de cette Demande, de la fonction des noms glorieux, de la ronde des maîtres au ciel des sachants ? Je dépose là cette question, sur laquelle je reviendrai.
Dans bien des cas les uns et les autres (directions et équipes souvent confondues) en appellent aussi à cet autre tiers qu’est le juge, pour « rappeler la loi » comme on dit… Le juge est à son tour imaginairement requis comme incarnation du Tiers tout-puissant, sinon comme directeur des consciences… Voilà d’ailleurs pourquoi, au grand dam de certains, je suis tellement partisan d’extraire le statut du juge des enfants de « l’exception » qui est encore sienne aujourd’hui – exception qui ne peut que pousser au transfert de l’idéal missionnaire (et de maîtrise) sur sa figure !
L’écart le plus précieux à préserver, à faire jouer, c’est donc bien je crois, comme tu ne cesses de ton côté de le souligner, l’écart entre le tiers (tiers que représente toute fonction) et le Tiers, l’écart entre chacun de nous, citoyens de la République française, et l’Etat de Justice, même s’il est vrai que de plus en plus, subvertissant le lien à la Référence commune, la logique du Privé, du Divin marché, pousse à la re-féodalisation du lien de Référence.
Mais, j’attire ton attention, ainsi que celle de ceux qui nous lisent, sur ce point : il n’y a nulle raison de faire comme si les carottes étaient cuites, comme s’il ne s’agissait donc plus que d’entrer en « Résistance », laquelle fonderait nos légitimités. Ce serait là un raccourci bien fâcheux, une opération de passe-passe institutionnel fort dangereuse ! Nous sommes encore dans un état de droit, lié à cet Etat de Justice qui est le nôtre ! C’est de là que procède encore, en droit, dans le lien de droit, la légitimité de chacun dans les fonctions institutionnelles ! Perdre de vue cela c’est demeurer, que nous le voulions ou non, à l’envers de ce que nous dénonçons, dans l’anti-juridisme et dans l’autolégitimation.
Faire valoir la « Résistance » au lieu de la Référence (c’est à mon sens le grand risque du congrès à venir de psychasoc), c’est en vérité perdre de vue que faire vivre l’écart ne se peut que dans un cadre juridique, un cadre référé, un cadre institutionnel juridiquement marqué. Je sais, et je ne cesse de le dire, que ce « cadre » se trouve aujourd’hui « incesté », que le droit lui-même vacille, et que l’institutionnalité est de plus en plus prisonnière de cette indistinction des ordres et des genres qui conduit les uns et les autres dans la « perversion », mais ce n’est pas une raison pour, de manière toute aussi féodale, s’auto-référer à notre tour, avec à chacun le choix de son « totem » ! A ce « libre choix » du totem, à cette illusion du libre service référentiel, s’est opposé jadis, dans le plus essentiel de la transmission, selon le récit que tu en as donné, ton vieux maître tibétain…
De l’écart entre le sujet et la Référence, entre toute fonction et le Tiers, les juges ont en bout de chaîne institutionnelle, vocation à être les garants. A partir de cet écart ainsi garanti, juridiquement garanti, l’élaboration institutionnelle, impliquant chaque sujet, peut avoir lieu, et la dialectique infinie des registres se déployer…
Mais quand donc la Question juridique – toujours occultée – sera-t-elle investie comme il se devrait par les interprètes, par tous les praticiens soucieux du bien public et d’une politique du sujet de la parole digne de ce nom ?
Les praticiens les plus sensibles aux « droits poétiques » du sujet arriveront-ils à saisir, par-delà l’opposition imbécile des deux lois (loi symbolique / loi juridique) en quoi, dans sa facture de langage et de fiction, l’institutionnalité a profondément à voir avec l’institution du sujet de la parole, et en quoi le droit, quand il n’est pas détourné de sa vocation civilisatrice par quelque fondamentalisme du fantasme que ce soit (aujourd’hui celui des parents combinés, homo-sexués ) est le verrou du noyau anthropologique (de la différence des sexes et des générations), la clef de voûte institutionnelle de la clinique et de la tâche d’éducation à la réalité, à l’altérité ?
D. Pendanx