Public : Travailleurs sociaux, psychologues, cadres.
Argumentaire : La loi 2002-2 rénovant l'action sociale et médico-sociale institutionnalise l'évaluation des pratiques dans une volonté de rationalisation des choix publics. Louée par certains, décriée par d'autres, elle est désormais incontournable. Comment penser et conduire l'évaluation au sens de la produire? Comment, de cette commande, demeurer l'acteur? L'institution est faite d'institué et d'instituant. Elle concourt, à ce titre, à l'invention de «lieux communs». Il n'est pas d'évaluation des pratiques professionnelles sans évaluation, au même moment, au même endroit et par le mêmes personnes, des pratiques institutionnelles et des pratiques politiques.
Objectifs : La formation propose une déconstruction des pratiques conduisant à l'acte d'évaluation. Il s'agit d'un acte associant savoir-faire, engagement quotidien et travail du social, ce dernier entendu comme «travail de la société sur elle-même» (Marc-Henri Soulet). L'évaluation contribue à la construction d'un espace public où, professionnels, institutions, publics et politiques, en interaction, parlent et agissent en connaissance de cause. C'est un acte instituant, appelé à faire école.
Contenus : L'interdépendance du sensible (les besoins sociaux), de l'intelligible (leurs représentations) et du politique (les réponses) que suppose l'évaluation fait appel à deux données constitutives du lien social : «est autonome celui qui est sujet de son histoire» (Castoriadis) et «l'inconscient, c'est le social» (Lacan).
Méthode : Etudes de documents, exposés et discussions. Travail sur les référentiels connus des participants. Mise à jour de la forme d'interaction sensible/intelligible/politique à l'œuvre. Ebauche de l'acte d'évaluation correspondant à la dynamique observée.
Intervenant : Charles SEGALEN, DEES, DEA de travail social, doctorant à la Chaire de Travail social du CNAM.