la place du droit et des institutions dans l'oeuvre des Ortigues
Philippe Pétry
(11/01/2009 11:53)
Permettez moi une remarque mineure par rapport à votre hommage au travail clinique des Ortigues .
Pour avoir partagé leur travail de 1981 à leur mort, je suis très touché le fait que vous insistiez sur l'importance pratique de leur réflexions sur l'instauration du cadre qui est coextensive de la possibilité de mobilisation de la donne familiale. ce qui me paraît être l'apport majeur de leur réflexion.
Ma remarque porte sur votre réserve concernant leur: "l’insuffisante prise en compte de la dimension symbolique nodale, différenciatrice et de limite, du Droit et de l’institutionnalité" .
Je suis suis étonné car ce thème revient constamment depuis dans l'oeuvre depuis Oedipe Africain où le dernier chapitre traite du symbolisme traditionnel et insiste sur "l'homologie entre fait social et fait linguistique"
C'était le chapitre avec lequel Edmond Ortigues se disait encore le plus en accord à la fin de sa vie et dieu sait s'il pouvait être critique à l'égard de lui même. Il s'y livre à une discussion serrée du comparatisme de Dumézil pour insister sur les conditions d'émergence du "symbolisme formel de la règle sociale".
Dans ses travaux ultérieurs, la réflexion sur l'opposition de la coutume et du droit revient régulièrement
Sa préface au livre de Meyer Fortes "Oedipe et Job chez les Tallensi"(1974) et Philosophie du langage et philosophie du droit (1978) vace une discussion de Kelsen,
Meyer Fortes est un anthropologue central pour les Ortigues qui a étudié les évolutions des formes de pouvoirs en Afrique de l'Ouest
kelsen est un des principaux théoriciens des fosfondemenst du droit
Ces deux articles ont été republiés dans "Religions du livre religions de la coutume" (1981)
Dans le dernier chapitre de "Comment se décide...." il y a une discussion sur la structure minimale permettant à un sujet de s'identifier et Edmond Ortigues insiste sur le fait que l'encadrement des positions personnelles par "le symbolisme social marque des statuts, des rôles, des modes d'appertanance à tel ou tel groupe, il dessine la topographie des liens humains dans laquelle s'inscrivent les relations personnelles" p.159
Enfin à la fin de sa vie il y est revenu dans "les entretiens de Courances, Sur la philosophie et la religion" paru aux PUR en 2003, une entrée est consacrée à la notion de" jus "pp.69à 74 où il débat des notions de droit, de coutume, revient sur Kelsen et les moralistes anglais.
Toutes ces références peuvent vous paraître vétilleuses mon souci est avant tout de vous donner les moyens d'y aller voir si cela vous intéresse car je crois que c'est un point central de la théorisation d' Edmond Ortigues peut-être plus que de Marie-Cécile.
Comme vous êtes un des rares à avoir manifesté une vive reconnaissance à la subtilité leur apport clinique. Ce à quoi je ne peux que m'associer fortement.
Je me permets ces quelques remarques par "fidélité" à la mémoire de l'alchimie philosophico-clinique qui les unissait et a fait l'originalité de leur oeuvre.
la place du droit et des institutions dans l'oeuvre des Ortigues
Philippe Pétry
(11/01/2009 11:53)
Permettez moi une remarque mineure par rapport à votre hommage au travail clinique des Ortigues .
Pour avoir partagé leur travail de 1981 à leur mort, je suis très touché le fait que vous insistiez sur l'importance pratique de leur réflexions sur l'instauration du cadre qui est coextensive de la possibilité de mobilisation de la donne familiale. ce qui me paraît être l'apport majeur de leur réflexion.
Ma remarque porte sur votre réserve concernant leur: "l’insuffisante prise en compte de la dimension symbolique nodale, différenciatrice et de limite, du Droit et de l’institutionnalité" .
Je suis suis étonné car ce thème revient constamment depuis dans l'oeuvre depuis Oedipe Africain où le dernier chapitre traite du symbolisme traditionnel et insiste sur "l'homologie entre fait social et fait linguistique"
C'était le chapitre avec lequel Edmond Ortigues se disait encore le plus en accord à la fin de sa vie et dieu sait s'il pouvait être critique à l'égard de lui même. Il s'y livre à une discussion serrée du comparatisme de Dumézil pour insister sur les conditions d'émergence du "symbolisme formel de la règle sociale".
Dans ses travaux ultérieurs, la réflexion sur l'opposition de la coutume et du droit revient régulièrement
Sa préface au livre de Meyer Fortes "Oedipe et Job chez les Tallensi"(1974) et Philosophie du langage et philosophie du droit (1978) vace une discussion de Kelsen,
Meyer Fortes est un anthropologue central pour les Ortigues qui a étudié les évolutions des formes de pouvoirs en Afrique de l'Ouest
kelsen est un des principaux théoriciens des fosfondemenst du droit
Ces deux articles ont été republiés dans "Religions du livre religions de la coutume" (1981)
Dans le dernier chapitre de "Comment se décide...." il y a une discussion sur la structure minimale permettant à un sujet de s'identifier et Edmond Ortigues insiste sur le fait que l'encadrement des positions personnelles par "le symbolisme social marque des statuts, des rôles, des modes d'appertanance à tel ou tel groupe, il dessine la topographie des liens humains dans laquelle s'inscrivent les relations personnelles" p.159
Enfin à la fin de sa vie il y est revenu dans "les entretiens de Courances, Sur la philosophie et la religion" paru aux PUR en 2003, une entrée est consacrée à la notion de" jus "pp.69à 74 où il débat des notions de droit, de coutume, revient sur Kelsen et les moralistes anglais.
Toutes ces références peuvent vous paraître vétilleuses mon souci est avant tout de vous donner les moyens d'y aller voir si cela vous intéresse car je crois que c'est un point central de la théorisation d' Edmond Ortigues peut-être plus que de Marie-Cécile.
Comme vous êtes un des rares à avoir manifesté une vive reconnaissance à la subtilité leur apport clinique. Ce à quoi je ne peux que m'associer fortement.
Je me permets ces quelques remarques par "fidélité" à la mémoire de l'alchimie philosophico-clinique qui les unissait et a fait l'originalité de leur oeuvre.
Avec toute ma considération
Philippe Pétry
petry@lub-internet.fr