Petit erratum et mea culpa !

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Petit erratum et mea culpa !

Aujourd’hui, ma lanterne s’éclaire d’un nouveau feu et c’est tant mieux !

Hier soir, j’envoyais un texte à Joseph Rouzel, témoignant d’une réelle incompréhension s’agissant d’une lettre signée par des collègues à l’encontre de deux autres collègues. Le texte a été lu par les collègues signataires qui ont eu la grande intelligence de venir m’en parler et me faire part de leur incompréhension et de la violence de mes propos.

Je tiens à dire ici, que je les ai entendus avec toute l’empathie qui leur est due… Comme quoi, il faudrait que je tourne sept fois ma plume dans l’encrier avant de m’exprimer. Si effectivement certains de mes propos ont été mal reçus et je le répète, je comprends… l’article se voulait surtout le témoignage des dysfonctionnements de tout à chacun dans une institution en crise, et ceux-là concernent tout le monde ! Et moi, la première…

Alors cet article-ci va être l’occasion de remettre un peu de clarté dans cette obscurité institutionnelle où tout se dit, s’agit hors des instances et produit du fantasme, et notamment les miens et j’en veux pour preuve mon passage à l’acte en commettant cet article.

Depuis plusieurs mois, ces collègues souffrent tout autant que nous de leurs conditions de travail, de la manière dont ils sont perçus et aperçus dans le paysage de l’institution. Au-delà, menaces et discrédit les ont conduits à rompre leur isolement et à partager sur ce que chacun vivait honteusement. Au lieu, de demeurer dans le flou, ils se sont tournés vers le CHSCT afin que cela cesse et qu’il soit rappelé à chacun de faire attention à l’autre. Nul envie de nuire, juste le besoin de déposer, au même titre que tout le monde, la souffrance dont ils sont victimes. Alors, cessons, les mots de « délation », de « collaboration »… Collaborons ensemble, dans le même navire qui se cherche un capitaine aujourd’hui, et nous, braves mousses allons de l’avant ! Personnaliser les problèmes n’a jamais fait avancer, bien au contraire, il s’agit dans le cadre du travail de se rencontrer à travers nos fonctions, dans nos missions et surtout dans la richesse de nos différences et nos complémentarités.

Je vais donc ici, avec humilité, faire mon mea culpa, je me suis précipitée à venir dire ce qui me blessait, au nom de l’institution et du collectif, en oubliant que dans le collectif, il y a aussi ces collègues silencieux qui pour autant ne sont pas mieux lotis que nous… Et trêve de manichéisme, non il n’y a ni les bons, ni les méchants… Il y a des circonstances et des réalités très complexes dont on ferait bien de comprendre autant que faire se peut les enjeux… et surtout avant de céder à l’émotion, il s’agirait de se tourner les uns vers les autres.

Je ne renie pas le texte précédent, je l’assume mais je tiens à dire qu’il s’étonnait davantage d’une démarche que de la question des intérêts particuliers… Il venait en écho d’une profonde tristesse qui aujourd’hui s’alourdit d’avoir entendus les collègues dont on ne parle jamais… Ce texte ne voulait pas blesser mais provoquer, et perverse comme je suis, j’ai réussie, cela a provoqué la parole !

Laurence Lutton, cadre pédagogique

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Laurence Lutton, « Petit erratum et mea culpa ! », Psychasoc, 23 septembre 2013. En ligne : https://www.psychasoc.com/Textes/Petit-erratum-et-mea-culpa (consulté le …).