Psychanalyse sans frontière : l’institution dans tous ses états
Penser l’institution et instituer la pensée participent d’un même mouvement, continuité möbienne pourrait-on dire. Si, comme l’énonce Jacques Lacan vers la fin de sa vie : « L’inconscient, c’est le social », c’est qu’il y a bien un principe d’engendrement mutuel entre subjectif et collectif. Pas d’institution sans sujet, pas de sujet sans institution. Sans que ces deux dimensions, de ce qu’on peut nommer à la suite de Lacan : « l’humus humain », se confondent, ni se rejointent. Demeure un « hiatus irrationnalis » . C’est justement de leur point de non-recouvrement que jaillissent et les questions et… les difficultés. Ce qu'on nomme « symptômes » chez les sujets est issu de cette inadéquation. Que les thuriféraires du management veuillent les éradiquer à coup de gouvernance, de médication, de rééducation, dit bien en quoi le symptôme constitue un mode de résistance des sujets au management industriel débridé.
Citer ce texte
Joseph Rouzel, « Psychanalyse sans frontière : l’institution dans tous ses états », Psychasoc, 12 juin 2009. En ligne : https://www.psychasoc.com/Textes/Psychanalyse-sans-frontiere-l-institution-dans-tous-ses-etats (consulté le …).