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Un monde sans fous ?

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Un monde sans fous ?
Champ Social Editions
31/03/2010

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Un monde sans fous ?  Philippe Borrel

 

 

Que fait-on des fous ?

« On juge le degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants. » Lucien Bonnafé

La folie déborde dans les rues et en prison. Faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde, les malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de notre société. Et au même moment nous assistons au retour des chambres d’isolement, des camisoles et des médicaments administrés sous contrainte.

Pourtant des voix s’élèvent pour dénoncer ce climat de violence et d’abandon que l’on pensait aboli.

En 2010, le parlement Français doit voter une réforme de la psychiatrie et fixer les objectifs d’une nouvelle politique de SANTÉ MENTALE. On ne parle plus de folie mais de troubles cérébraux... plus de malaise dans la société mais de comportements à rééduquer...

En encourageant des programmes de détection et de prévention dans les écoles ou dans les entreprises, ce projet de loi ne concernera pas les seuls malades psychiques, ou leurs familles, mais l’ensemble des Français.

Avec Roland Gori, Marie-Anne Montchamp, Hervé Bokobza, Yves Agid, Olivier Labouret, Marion Leboyer, Patrick Chemla, Christophe Dejours, Michaël Guyader, Franck Chaumon, Serge Portelli, Jean Oury, Antoine Lazarus, Daniel Zagury Emmanuelle Perreux, Pierre Suesser, Brigitte Font le Bret, Sylviane Giampino, Catherine Paulet, Mathieu Bellahsen, Catherine Herszberg et des soignants, des patients.

 

Le livre est associé au documentaire de Philippe Borrel (du même nom, diffusé par France 5)

 

 

Nouveauté   disponible dans toutes les bonnes librairies

et sur le site www.champsocial.com

Un monde sans fous. Philippe Borrel
Editions du Champ social, 2010,  Nîmes,  18 €, 175 p.
Une envie de sciences fiction ? N’hésitez plus ! Les éditions du Champ social publient un ouvrage d’entretiens, recueillis par Philippe Borrel, qui vous garantira la montée d’adrénaline escomptée, avec, en prime, ce bonus inattendu : il s’agit de la réalité, la nôtre, celle de notre société, et pays dit civilisé. Mélange orwellien de Big Brother sécuritaire et de rééducation normative ! Aujourd’hui, c’est déjà demain, dans le champ de ce que l’on peine à pouvoir encore nommer la psychiatrie. Comment en est-on arrivé là ? Et bien, un exemple : 100000 lits supprimés, dans ce type d’hospitalisation, depuis 40 ans. Les fous sont désormais relégués dans les prisons ou encore à la rue… Les prisons flambent devant la surpopulation. Et la rue quant à elle, devient le dépotoir de tous les dangers. C’est un nouveau paramètre que l’on peut exploiter.
« Le traitement du fou et le traitement du délinquant sont des critères, des marqueurs fantastiques pour savoir dans quel type de société nous vivons. Et aujourd’hui, nous sommes dans une idéologie de l’enfermement. » (p 30)
Société insensée dont le symbole le plus caractéristique est cette loi dite de « rétention de sûreté ». On perçoit, au travers de l’accueil favorable qui lui est fait, la cohérence redoutable d’un discours fondé sur la culture de la peur. Il est facile de faire émerger les vieux démons, si mal enfouis, du racisme et de la phobie de la différence. Alors, autant emprisonner les fous avec les délinquants, (ce qu’ils sont parfois, et inversement) mais aussi, pourquoi pas les juifs, les noirs, les tsiganes, les déficients mentaux, bref tous ceux qui dérangent. Cela s’est déjà vu et n’a guère ébranlé les foules en son temps… L’eugénisme se profile…
Et de fait, reviennent, au devant de la scène, les vieilles bonnes méthodes biologiques, neurologiques, chimiques, parade des décideurs et des pouvoirs médicaux, politiques, économiques qui font le jeu des laboratoires et des gens pressés de gagner de l’argent ! Il y a déjà beau temps que les formations spécifiques des infirmiers en psychiatrie ont été supprimées. Il y a déjà beau temps que les psychiatres en formation ne font plus d’analyses. Il y a déjà beau temps que les psychanalystes sont traînés dans la boue sur la place publique.
Sur le terrain, un soignant n’est plus guère autorisé à s’asseoir sur le lit d’un malade, à lui prendre la main, à l’écouter dans sa détresse, à lui parler, à l’accompagner en promenade... Il n’a plus le temps, tout occupé qu’il doit être par les paperasseries à rendre sur son timing, les formulaires à remplir, les projets minutés, le soucis du quantifiable et du vérifiable. Toute attention individualisée, base incontournable d’une thérapie de qualité, est exclue. Il n’est plus d’actualité d’instaurer une relation d’échanges et de partage, une véritable clinique fondée sur des compétences en acte, et de la tolérance. On en arrive à une indifférence chronique des personnels, léthargisés par un ennui qui ne devrait pourtant pas trouver de place aux commandes de ces métiers… On ne leur fait plus confiance, on ne leur donne plus aucune responsabilité… Ils ne sont désormais là que pour médicamenter, surveiller, évaluer et sont, eux-mêmes, par retour de bâton, évalués, surveillés, mesurés dans leur mission. Leur marge de manœuvre est infime tant s’est perdue la liberté de la rencontre.
A l’évidence ces carcans vont un jour exploser, parce qu’on a oublié de se demander ce qu’il adviendra de tous ces symptômes et pathologies  qui ont leur raison d’être,  et que l’on s’ingénie à cacher, gommer, faire disparaître. Quand  et où vont-ils revenir et sous quelle forme, tellement plus pernicieuse ? Il se paiera cher, dans l’avenir, de s’en être débarrassé à coup de méthodologies et autres outils préétablis.
Où est passée la place du sujet dans cette hérésie contagieuse et galopante ?
C’est la réflexion à laquelle se livrent, in live*, des psychiatres, psychanalystes, juges et autres travailleurs du médico-social, affolés par les déroutes vertigineuses des prises en charge et les dérives irréversibles de notre société aux prises avec une folie qu’elle génère. Ils établissent ce constat affligeant que l’humain a fait place au management et à la rentabilité. Stratégie certes au goût du jour, mais si mal venue dans ce domaine, qu’il convient d’appeler désormais « la santé mentale ». Les piliers de l’écoute, de la compréhension, de l’échange, du soin orienté par la recherche du sens, disparaissent au profit des normes, des protocoles, des tests d’évaluation préventive, voire de dépistage. On codifie au lieu de faire la part belle à la différence, à l’originalité, à la spécificité des solutions que chacun peut s’inventer, dans sa manière d’être au monde, pour survivre. Triste constat ! Face à ces ruines où la clinique se perd, les promoteurs tyranniques de la neurobiologie, de la génétique, des neurosciences, relayées par le terrorisme du comportementalisme vont redresser, au lieu de tenter de comprendre, rééduquer au lieu d’entendre et décrypter ces indices du malaise dans la civilisation.
 Coup de chapeau à cet ouvrage courageux et efficace qui épingle l’agonie de ces professions, la disparition annoncée d’une psychiatrie respectable, voire même, de la psychanalyse.
Quand la barre rechangera de cap, ce qui ne manquera pas d’arriver au vu du chaos vers lequel on s’achemine, restera-t-il encore des soignants dignes de ce nom pour transmettre leur savoir et leur expérience aux nouvelles générations ? Rien n’est moins sûr !
*documentaire diffusé sur la 5 (avril 2010)
Florence Plon

 

 

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