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Quand c'est fini ni ni ça recommence...

Envoyé par Daniel Pendanx 
Quand c'est fini ni ni ça recommence...
13 May 2018, 22:32PM
Nini, quand c'est fini ça recommence...

J'ai écrit ce titre moqueur, qui s'est imposé, sur l'air des lampions. Et puis je me suis souvenu d'où il me venait, pas seulement de la chanson enjouée de Léo Ferré...

"Ça" recommence, cela a bien sûr à voir avec la relance théologico-politique de ce forum sous le signifiant on ne peut plus confusionnel et attrape-tout de "psychasoc". Mais là où "ça" gouverne, "je" doit (ou si j'ose dire, je dois), "advenir". Entendez, l'interprète doit advenir...

Charles Melman, confronté dans le groupe qu'il a fondé à la même confusion, à la même perte et dilution du vif (et des limites) de la psychanalyse dans le social, disait il y a peu combien cela toujours débouche sur l'impasse inhérente, en politique (car de politisation de la psychanalyse il s'agit bien alors), au discours du maître. Le maître jouissant du pouvoir et manipulant le transfert, en surfant sur le malaise...

Les quelques rares lecteurs intéressés par ce que je tente ici de faire résonner - les audacieux de la marge, et pour autant soucieux de la puissance médiane des fonctions et des institutions - peuvent écouter sur le site de l'ALI (dans la video de l'intervention de J.J. Tyszler, lors des journées intitulées " où donc suis-je chez moi?", consacrées à la question du migrant et de l'exil) la mise au point finale, on ne peut plus acérée et roborative, de Melman.
Re: Quand c'est fini ni ni ça recommence...
14 May 2018, 06:28AM
Eh oui, cher Daniel, ça recommence. De ton côté les toujours mêmes rengaines (mais je ne dis pas: rengaine! comme on le dirait à un cow boy de son pistolet; l'expression est ouverte, dans les limites qui s'imposent à tout à chacun, définies par la loi). On voit poindre deux courants: la psychanalyse pure et... l'impure. Papy Freud avait largement ouvert le bal en maintenant ouvertes les deux directions. Lire par exemple ses travaux de type sociologiques: Malaise dans la civilisation, Psychologie collective et analyse du moi (voire des fins de moi!), L'avenir d'une illusion etc... Comment pourrait-on pépère dans son cabinet se désintéresser de ce qui se passe dans la cité, alors que l'espace de la cure, qui n'a rien d'un bunker, en est imprégné? Lire par exemple: Psychanalyse négative (Pierre Eyguésier, qui fut en son temps formateur aux CEMEA) ou de la même veine, et plus récent : L'héritage politique de la psychanalyse (Florent Gabarron-Garcia) ou faire un tour sur la nouvelle association que nous venons de créer à Montpellier: www.psychanalyse.org. J'aime bien Melman, mais c'est un psychanalyste à l'ancienne, qui se prend un peu pour dieu le père...



Modif. 1 fois. Derniere modification le 14/05/2018 06:29AM par Joseph Rouzel.
Re: Quand c'est fini ni ni ça recommence...
15 May 2018, 10:39AM
Dans l'intervention de Melman évoquée ci-dessus il y a un passage clef, celui d'une distinction, celle entre, non pas la psychanalyse pure et l'impure, mais, comme Freud, Lacan, n'ont cessé de s'y employer, entre disons, sans crainte de passer pour dogmatique, entre ce qui fait qu'on y est et ce qui fait qu'on y est pas, et qu'on se rabat alors sur des formes d'exercice du discours et de sa fonction qui sont celles du pouvoir du maître. Ce pouvoir du maitre, s'exerce-t-il sous la figure de l'anti-maître -- comme ceux qui, faisant flèche de tout bois, se font les héraults politiques de l'anti-dogme, de la créativité, de la "juste lutte" et de la modernité --, est toujours producteur d'un juridisme occulte : d'un discours qui pour venir légitimer le fantasme s'octroie le droit de manipuler son semblable pour le "Bien".

Je cite Melman : "Nous sommes dans une situation étrange en tant que psychanalystes. On entend très très bien, quand est ce qu'on y est et quand est-ce qu'on en est sorti, quand est-ce qu'on est ailleurs. Et c'est un processus qui marque toute l'histoire de la psychanalyse, ne serait-ce que pour une raison très simple, c'est qu'on ne peut pas être un marginal permanent comme l'est le psychanalyste. Il est inévitable que l'on puisse souhaiter rejoindre le propos et le discours social, c'est à dire ce qui est réglé par le discours du maître. Et que finalement on ne connaît pas d'engagement politique qui ne se soit terminé par la victoire du maître."

Mes nombreux textes sur ce site témoignent d'un parcours et d'une élaboration - l'élaboration d'une voie (voix)"politique" qui est celle de l'interprète (la politique de l'interprète) - qui, tout en ouvrant une autre porte (porte ouverte par "le pas de Legendre"), font résonner la même leçon que celle que soutient là Charles Melman.

J'ai eu au début l'illusion de pouvoir inscrire et élaborer ici avec Rouzel une certaine alliance. Et cela en raison, il me faut bien le reconnaître après coup, d'une accointance "militante" encore mal reconnue, mal analysée : je l'ai souvent dit sur le forum Rézo, je me considère comme un retardé!). J'ai pensé pouvoir l'intéresser, comme quelques autres, à partir des questions et des cas abordés, à cette autre voie, celle de la puissance politique du tiers neutre, et cela en prenant en compte la Question juridique et institutionnelle dans son rapport à la Loi (loi du langage) et à l'enjeu de "justice généalogique".

Mais cette voie était et reste de toute évidence trop modeste, pas assez exaltante sûrement pour ceux qui restent fixés idéalement aux grands combats des anciens, dans leur identification héroïque de "sauveurs", rejoignant ainsi à leur insu le vieux courant bourgeois philanthropique, celui des petites sœurs des pauvres, sur lequel surfe le Management...

La suite à montré tout ce qui nous sépare, et dont les vicissitudes, d'abord sur les forums de ce site "psychasoc", puis sur le forum du site Rézo, m'ont permis de mesurer disons l'économie, qui a je crois profondément à voir avec le refoulement de la perversion, avec ce que chacun ne veut et ne peut "regarder" de sa propre perversion. Il n'est d'ailleurs pas anodin que ce terme de "perversion" paraisse banni des milieux analytiques, et reviennent dans le discours social sous les seuls traits (externalisés) du "pathologique"... Ces milieux, qui se veulent parfois si "révolutionnaires", ont en fait adapté leurs discours, comme Lacan le vit venir très tôt, aux tendances culturelles du temps, soient elles porteuses des nouvelles ségrégations.

Je sais aujourd'hui mieux que hier combien l'anti-normativite (ou anti oedipisme) qui noue tout ce monde "jeune", "nouveau", "moderne", macére dans un oedipisme dont il est vain de penser les délivrer comme d'en délivrer nos semblables, sinon à le renforcer. Mais pour autant, il ne peut s'agir de se taire...
Re: Quand c'est fini ni ni ça recommence...
25 May 2018, 15:17PM
Que fait-on quand Dieu est mort (Nietzsche), que l'Autre n'existe pas (Lacan), que l'homme, au sens de l'honnête homme n'existe plus (Foucault), que les dieux sont tombés sur la tête (film) ... ? On peut jouer de la nostalgie, mais c'est une douleur (une algie, comme la lombalgie) sourde, la douleur du "c'était mieux avant", et quand on pousse trop loin, ça donne l'envie d'y revenir à cet avant fantasmé et d'introduire un ordre de fer et de faire marcher tout le monde au pas ; on peut jouer aussi du "ça sera mieux demain", ça chante les lendemains sur l'air de "demain on rase gratis"... Je ne suis ni de l'un, ni de l'autre, j'essaie de composer avec le monde tel qu'il est, plein de bruit et de fureur, une histoire racontée par un idiot à des idiots... Alors à quoi se raccrocher? Einstein nous avait bien averti il y a un siècle, c'était en 1905, avec sa théorie de la relativité restreinte, puis plus tard généralisée. ça se traduit en langue vernaculaire, bien d'chez nous: tout est relatif! Cela veut-il dire qu'il n'y a plus d'ordre, que tout fout le camp, comme le clament d'aucuns sur tous les tons? Certes non. Einstein dit que pour qu'il y ait un uni-vers, n'importe quoi peut faire centre, pas forcément le soleil, ni la terre, ni, ni... Alors quoi en ce qui regarde l'humain, qui ne cesse de projeter au ciel une connaissance de soi sans le savoir. Une relativité généralisée à l'univers et à un de ses habitants, sorti de l'humus, ça donne quoi? Si ne n'est qu'il faut à chaque fois, à tout nouveau petit d'homme qui vient sur terre trouver son centre de gravité, avec les moyens du bord., alors qu'il était jusque là fourni clé en main par une belle invention humaine: des dieux, dieu, des chefs, des papes et des grands lamas, des pères, de l'UN... Et pourtant il faut bien vivre avec les autres. C'est la quadrature du cercle: comment préserver la singularité de chaque petit d'homme, faire qu'il ne disparaisse pas dans la masse (voire la nasse) tout en préservant le collectif des mises en pièces du soi-disant in-dividu (qui ne serait pas divisé par la parole et le langage)? Bref sortir de l'impasse autant du communautarisme que de l'individualisme? Aujourd'hui ça n'est plus donné tout cuit, y'a nécessité d'inventer... Les moyens du bord, on les a peut-êre oubliés, c'est que l'homme est un animal parlant. Quant tout a chu (chut!) il demeure cela: un corps parlant, ce qui constitue un appareillage à la fois comme-UN et distinctif. Ce qui nous unit (le sun-bolon des grecs anciens) c'est aussi ce qui nous divise. y'a une faille, pas une faillite dans la civilisation.
Re: Quand c'est fini ni ni ça recommence...
25 May 2018, 17:25PM
Si l'on voulait bien considérer, selon un mot de JB Pontalis, qu'il n'y a que l'homme mort qui ne croit pas, autrement dit, contrairement à l'athéisme niais fierement proclamé de tant de nos contemporains, que nul ne peut échapper à la structure inconsciente de la croyance (la croyance au Père idéal et à la Mère-toute, la Mère phallique) - structure qui est le carcan du sujet, le carcan du transfert - on aborderait l'histoire de la "mort de Dieu" , en interprète, avec plus de prudence...

J'en ai tellement entendu et vu de ces ravis du narcissisme occidental, prétendant qu'à la différence de nos pauvres cathos comme de ceux d'en face, les islamistes, nous étions nous, les enfants de la science et pour certains, de la psychanalyse, exempts de toute "religiosité fondamentale"... Comme si sous le mot "science", ou celui de "psychanalyse", il n'y avait pas du mythe subjectif (de la croyance) qui s'engage...

Alors quand un ou une de mes collègues me demandait, ça leur arrivait en raison de ma façon parfois de parler de Dieu, du désir politique de Dieu qui porte et continue de porter (y compris sous d'autres Noms) notre espèce, l'humanité parlante et désirante, de me demander donc si je croyais en Dieu, je répondais, toujours moqueur et souriant, que oui, bien sûr. Et je ne manquais jamais d'ajouter deux choses :
D'une part que je croyais en Dieu parce que lui avait une grande supériorité sur (par exemple) le directeur, le juge, le psychiatre..., c'est qu'il n'existait pas...
Et puis que pour autant pour moi il n'y avait nul doute sur le fait que nul "paradis" n'est à l'horizon de l'après-vie. La mort qui vient, on l'a déjà connu, quand on n'était pas encore né.

Des choses dites comme cela, je trouve qu'à la différence de ce que je lis si souvent sous la prose lacaniste, versus déguisé du discours du Maître, ce n'est pas fait pour vous en boucher un coin, en verrouillant le transfert institutionnel, l'amour politique...

(Il y a un texte qui a été pour moi un support majeur de mon élaboration en cette affaire, c'est celui de Guy Rosolato sur le "complexe de croyance". Un texte écrit en rapport étroit avec sa propre traversée du lacanisme.)



Modif. 2 fois. Derniere modification le 25/05/2018 17:29PM par Daniel Pendanx.
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